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Né en France en 1960, Bertrand Ricque passe son enfance à l’étranger et y forge son goût pour les contextes internationaux et les échanges culturels. Après des études techniques en génie mécanique, il intègre l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr et obtient un diplôme d’ingénieur. Il commence sa carrière par la direction d’une unité de missiles de reconnaissance (drones) au sein de laquelle il conforte son goût pour les systèmes de technologie avancée, l’organisation des équipes et l’initiative.

En 1990, il décide de s’orienter vers des activités industrielles et est nommé Chef de Projet Senior chez Elsag Bailey. Il dirige alors de nombreux projets notamment dans les domaines de la pétrochimie, de l’offshore et de l’énergie classique et nucléaire. Il occupe ensuite des postes de responsabilité dans des sociétés fournissant des systèmes automatisés aux industries de procédés continus et manufacturières, telles que Rockwell Automation, Euraltech et Vanderlande Industries. Dans ces sociétés, il promeut des méthodes d’ingénierie basées sur l’efficacité de la gestion de projet et sur la maîtrise de la sûreté de fonctionnement des systèmes automatisés. Bertrand Ricque est depuis 2004 Chef de Programme de systèmes de défense chez Sagem Défense et Sécurité.

Il contribue aux travaux du comité SP84 de l’Instrumentation, Systems and Automation society et représente le GIFAS au sein du groupe de travail SC65A de la Commission Electrotechnique Internationale. Il est formateur et consultant dans les domaines des systèmes automatisés de sécurité et de la certification FDA au sein de ControlChain Group. Il réalise des audits d’installations classées sur la base du référentiel IEC 61508/61511 et a enseigné la gestion de projet à l’École Nationale des Ponts et Chaussées.

Bertrand Ricque was born in France in 1960 and spent his childhood abroad. He developed a strong taste for international relations and cultural exchanges. After a BS in mechanics, he enters Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr (French military academy). He completes an MS in general engineering, specialises in unmanned airborne systems and starts his career as commanding officer of a drone unit. He gets familiar with high technology systems, team organisation and initiative.

In 1990 he switches to industrial activities and is appointed Senior Project Manager within Elsag Bailey. He manages various projects in petrochemical, offshore, classic and nuclear energy industries. He then holds managing positions within different suppliers of automated production systems, such as Rockwell Automation, Euraltech and Vanderlande Industries. Within all these companies, he promotes good engineering practices based on efficient project management and automated systems availability. Since 2004, Bertrand Ricque is Defense Systems Program Manager within Sagem Défense Sécurité.

He contributes to Instrumentation, Systems and Automation society SP84 committee and to International Electro technical Commission SC65A workgroup. He is trainer and consultant for safety instrumented systems and FDA certification for ControlChain Group. He conducts IEC 61508/61511 audits for hazardous plants and gave project management lectures at École Nationale des Ponts et Chaussées..

 

 

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 15:19

Je profite d'une nuit imprévue à Dubaï là-dedans avec une jolie vue sur la mer. Bon c'est pas le tout mais demain réveil 4H30... C'est la vie d'artiste !

 

 

JW-Marriott-Marquis-Hotel-Dubai      250120132702

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 10:50

disait l'ancien. Peut être avez-vous remarqué cette petite polémique nauséabonde qui fleurit autour de la photo d'un de nos soldats (du 1er REC) arborant un foulard à tête de mort pour se protéger de la poussière soulevée par un hélico. Ledit foulard étant un produit dérivé du jeu vidéo "Call of duty".


Bien, nous allons remettre les points sur les i. Peut être avez-vous vu aussi ce bout de film (présent sur le site de France 2) où l'on voit des pickup assez correctement explosés et fumants encore, entourés de cadavres quelque peu rôtis. Le film ayant été pris apparemment par des maliens qui ont été "aux résultats" comme on dit en jargon militaire. Bon alors pour ceux qui encore un doute, la résultat a été assurée par des bombes de 250kg équipées de kits de guidage AASM fabriqués par Sagem dans notre bonne vieille ville de Montluçon (1er employeur de la ville), larguées depuis des Rafales fabriqués par Dassault notamment dans notre bourgade de Mérignac, et pilotés par des officiers de l'Armée de l'Air française (oui, celle là, la nôtre) payés par nos impôts. Tout ceci bien entendu en notre nom. Si il y en a qui ne sont pas d'accord au fond de la classe, prière de lever la main.


O tempora, o mores, quand nous attendions les hordes du pacte de Varsovie, - parceque nous n'avions pas envie de finir en "bilan globalement positif" dans un quelconque camp de travail en Mordovie, comme les charmantes, et non moins apparemment dangereuses, délinquantes des Pussy Riots (camps jamais et toujours pas démentis, ni repentis par nos gentils mélenchonneurs et Buffet associés, soit dit en passant)-, nous n'avions qu'une idée en tête : leur péter la gueule. Oui, c'est trivial, peut être même un chouia vulgaire, mais c'était comme çà dans notre désert des Tartares. On ne se refait pas. J'imagine que nos pilotes, même s'ils n'étaient pas dans la franche rigolade qui vous saisit lors d'un spectacle d'Anne Roumanoff (après 8H00 de vol sans mp3 pour passer le temps et sans hotesse à bord), n'ont pas essuyé une larme. Non, ce devait plutôt être : Bingo, prends çà dans ta gueule, voilà un aller simple pour l'enfer.


Je rappelle également au passage que les conventions de Genève s'appliquent aux blessés sur lesquels on a bien évidemment déjà tiré, et aux soldats ennemis qui se rendent parcequ'ils sont dans votre ligne de mire, et que, en général, ils en sont à faire dans leur culotte au vu des horreurs qui les entourent. Je me rappelle aussi nos manoeuvres avec les gentils professeurs d'université qui devaient servir de traducteurs dans les Sections d'Interrogation de Prisonniers de Guerre. A l'époque on se demandait à quoi ils allaient servir, vu qu'il y a des manières de poser des questions qui font que on comprend la réponse dans toutes les langues : oui et non suffisent. Eh oui, en face ce sont des ennemis, donc pas des amis, et ils ne vous attendent pas pour partager le thé à la menthe, comme ceux qui ont participé à Uzbeen doivent hélas s'en rappeler.


Donc fichons la paix à ce brave soldat qui au moins montre qu'il est motivé. L'attitude de l'Etat-Major est quelque peu décevante. Notre cher ami Aboudjaffar a d'ailleurs une opinion encore plus décapante sur ce sujet : link.


Cet état d'esprit où tout le monde fait dans sa culotte et n'entreprend plus rien est dangereux et tire une société vers l'immobilisme, pour ne pas dire la paralysie. Le principe de précaution pour les OGM, c'est bien, mais pour la guerre, j'ai de gros doutes. Toujours au bon vieux temps de nos amis les rouges, on n'envoyait pas un drone faire un petit tour en l'air sans quelques menus accessoires non prévus dans le mode d'emploi : casquette de l'Adjoint, culotte ou soutien-gorge de la femme du Lieutenant, nounours du fils du chef de rampe, j'en passe et des meilleures. Quand je suis arrivé chez un de nos brillants fabriquants nationaux de drones et me suis étonné de les voir voler "à vide", j'ai vu mon interlocuteur polytechnicien blêmir. Lui demandant, ce qui le gênait, je me suis vu répondre : si il tombe, on dira que c'est de notre faute. L'expérience prouve que les drones tombent généralement plutôt parceque des imbéciles très galonnés les envoient dans des nuages de grêle au Larzac ou d'autres moins galonnés les font décoller par vent arrière à Canjuers ou les envoient tout droit dans une montagne à Kaboul... Quand à prendre des risques, si on n'en avait jamais pris sans rien dire à personne on y serait toujours. Mes clients me remercient encore.


Ce matin encore, dans le minibus qui m'emmenait au travail dans un endroit moyennement recommandable, je lorgnais sur l'AK74 chinois du jeune marin en civil (sweat UCLA à capuche, tr-s cool...) qui m'accompagne tous les jours. Après une brève discussion, il me le passe pour que je puisse le soupeser en me disant : vous savez, c'est pour les mécréants. Ici les mécréants sont les terroristes, les mêmes que face au gars à la tête de mort d'ailleurs, vous savez-qui ... Bon, ben ils ne les attendent pas avec des fleurs, même si ils sont de la même nationalité. Je lui fait remarquer qu'il ne donne pas dans la dentelle car il a déjà engagé une cartouche dans la culasse. Il me répond avec un grand sourire : on ne veut pas leur laisser une chance. Bon, voilà un jeune homme qui sait ce qu'il veut. Comme les nôtres j'espère. On aurait tout intérêt à en faire autant.

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 15:39

Les poires ne sont pas calibrées et ne trouveront jamais place sur les étalages de Carrefour :

 

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L'entrée de l'hotel est mieux protégée qu'un camp militaire :

 

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Une petite sheesha en rédigeant mon rapport :

 

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Fumigation à l'heure des moustiques :

 

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 17:47
Nous on fait compliqué avec des rond-points partout. Ici au Pakistan et à côté en Inde, ils ne s'embêtent pas et çà donne çà (merci à Annie) :
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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 07:40

Toujours notre ami Abou Djaffar en pleine forme link.

 

Pour ma part, lors d'un séjour de 3 semaines sur des sites gaziers en Algérie, j'en avait retiré les conclusions suivantes :

* la protection des sites semblait reposer plus sur la connaissances des personnes qui y travaillaient de la part des forces de sécurité, ce qui est plutôt un gage d'efficacité.

* le périmètre des zones industrielles était effectivement totalement verrouillé mais je ne sais pas si on pouvait couper la clôture entre 2 checkpoints (éloignés parfois de plusieurs kilomètre.

* j'étais flanqué d'un brave policier en civil dans une voiture banalisée d'accompagnement. En cas de problème il me semblait clair qu'il valait mieux qu'il me confie tout de suite son AK47. La seule chose dont je pense être sûr, c'est qu'il aurait poussé son sens de l'hospitalité (en Algérie ce n'est pas une vue de l'esprit) jusqu'à risquer sa vie pour protéger son hôte. Respect donc.

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 20:43

Ce grand ciel qui tourne à l'envi de ma venue n'a rien gagné et de mon départ non plus ne sera pas glorifié

Et mes oreilles jamais n'ont ouï la vérité sur la raison du venir et le pourquoi du partir.

Celui qui créa la terre, le ciel et le firmament a marqué les coeurs brisés au fer rouge des tourments

Il a enfoui sous la terre bien des lèvres de rubis et des chevelures musquées.h

 

 

 

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 19:57

... avec parfois des hoquets. Les opération françaises (je n'ose dire franco-africaines tant cela serait virtuel et est fort opportunément à peu près caché de médias complaisants) à la frontière de l'Afrique noire et de l'Afrique blanche sont déjà émaillées des pemières bavures sonnant comme une revanche de l'histoire. Tout cela sur un monde arabo-musulman en état de sidération intellectuelle. L'amoureux que je suis de cette civilisation ne peut que s'inquiéter de cet état de fait. Ils disparaissent de l'univers visible à travers les  codes publicitaires ou médiatiques. L'article d'Abou Djaffar ( cité précédemment) est à cet égard éloquent. Que pouvons-nous faire pour eux ? Qui peut les décider à saisir une main tendue plutôt que de continuer à s'enfoncer dans l'abîme ? La leçon des croisades (relire Amin Maalouf) n'a-t-elle pas porté ? A quoi leur sert-il d'être vainqueurs dans l'instant pour tout perdre derrière ?

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 14:57

Merci à Didier pour ce poème :

 

OUD

 

Quand le soleil lassé se rend à la raison

cédant le ciel en feu à la lune fébrile

pour aller s'abreuver de sable et d'horizon

le silence de l'ombre ensemence la vile

 

Aux remparts aveuglés d'ocre rouge et de sang

la mémoire de l'eau se rappelle farouche

à l'ambre de la peau      au cri incandescent

fleur de sel hérissée dans le fond de la bouche

 

La litanie d'un luth aux créneaux de la nuit

ramène les amants à des rêves de pluie

arabesque des corps aux creux des calligrammes

 

Et l'homme bleu s'oublie d'une soif indocile

Aux lèvres de rosée de l'enfance nubile

seule source de vie sous un voile de drame.

 

 

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 11:10

Je reproduis ci-dessous l'analyse d'Abou Djaffar sur la situation aux marches de notre chère Fédération :

 

Ah quel cirque, mes amis, quel cirque ! Manifestement, les jihadistes présents au Mali ne sont pas les aimables amateurs de trek que d’aucuns, dans les salons feutrés de l’îlot Saint Germain, pensaient affronter.

On en parlé au Général, à Londres, et il a dit : « ça craint ».

Dès dimanche soir, un conseiller de l’Élysée confiait, faux ingénu ou vrai crétin, que la combativité et l’équipement des terroristes que nous affrontions avaient été sous-estimés. Par vos services, peut-être, votre Eminence, mais pas par les quelques bloggeurs qui s’intéressent, en amateurs, à la chose. A moins, ce qui est toujours possible puisque nous sommes en France, que les administrations ne se parlent pas. Ou à moins, puisque nous sommes en France, que les immenses succès militaires qui ont scandé le siècle passé n’aient inspiré nos stratèges, éblouis par la puissance de nos arsenaux. Au fait, sergent, merci de monter l’allume-cigare de ce Dewotine 520 sur nos nouveaux Mystère IV. Et où en est la commande de Sherman ?

Cet automne, il se murmurait même que les jihadistes seraient balayés au premier choc, comme une tribu de Celtes défoncés à l’hydromel de contrebande anéantis par la IXe Légion Hispana. On a d’ailleurs retrouvé des images des premiers débriefings.

 

Qu’on ne se méprenne pas. Je soutiens cette guerre, et autant par patriotisme que par certitude qu’il faut la mener, même avec retard. Et je soutiens les autorités politiques, même si elles ont tergiversé et attendu, jusqu’au dernier moment, pour s’engager. Mais je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la pertinence de certaines analyses et synthèses réalisées à des échelons intermédiaires. En même temps, je repense à quelques cerveaux croisés dans mon ancienne vie, et je me dis que la diffusion de certains papiers a déjà été un beau succès remporté sur la machine, entre frilosité, relecture tatillonne avec ajouts de fautes et ouverture compulsive de parapluie. « Vous pouvez vérifier cette histoire de guerre en Europe en 1940 ? »

Bref, la douleur m’égare, et elle n’est pas très constructive, je n’en disconviens pas.

Ainsi donc, depuis une semaine, la France mène au Mali la guerre qu’elle ne voulait pas mener. "Pas de troupes au sol", nous disait-on au début de l’hiver. Pas d’appui aérien, nous assurait-on, drapé dans un refus si européen de toute violence. Seulement voilà, à force de dire à des types qu’on va les renvoyer à l’âge de pierre (qui ça ?), mais qu’on va viendra plus tard parce que là il faut repeindre les roues du VAB en noir et retrouver la clé du champ de tir, ces sales garçons prennent l’initiative. « Faut admettre, c’est logique », aurait ajouté Dame Seli, à qui on ne la fait pas. Et du coup, sans crier gare, voilà l’armée française engagée dans les airs et au sol au Mali, déployant ses chasseurs, les vieux et les neufs, ses hélicoptères, les fragiles et les solides, ses petits gars venus en catastrophe du Tchad, de Côte d’Ivoire et du riant Sud-Ouest, connu pour sa bonne chère, son goût de la fête et du partage, et ses unités parachutistes vantées par le grand poète alternatif Maxime Le Forestier. 1.800 hommes, selon le ministre de la Défense, et bientôt 2.500…

C’est "côtelettes" que vous ne comprenez pas ?

Essayons de lever le nez, oublions les fulgurances de ceux qui prédisaient la fin de l’islamisme en 2001 et annonçaient la disparition du jihad après les révoltes arabes de 2011. Evitons aussi quelques outrances, car que n’a-t-on entendu depuis une semaine. Honteuse ingérence ! vocifèrent ceux qui soutenaient en 1995 la glorieuse Serbie. Infâmes colonialistes ! nous serinent ceux qui considèrent le Sahel comme un jardin privatif. Abjects racistes ! nous lancent ceux qui enseignent à leurs enfants que les juifs gouvernent le monde et que les homosexuels méritent la mort. Intervention illégale ! nous assurent ceux qui ont vanté le coup de Prague et saluent les avancées démocratiques cubaines. Manipulation grossière ! chantent en chœur ceux dont les élections sont truquées depuis leur indépendance.

Qui peut affirmer sans rire que la descente des jihadistes, la semaine dernière, vers Sévaré a été un prétexte pour la France ? Qui peut dire (j’ai les noms, pour ceux que ça tente, y compris des journalistes algériens) que Paris a forcé la main de Bamako ? Hé, les amis, vous avez vu les images ? Le contingent français a été constitué dans l’urgence, le matériel n’était pas prêt, pas encore reconfiguré après l’Afghanistan, le matériel volant pas déployé, et les personnels pas encore mobilisés. On me disait même, cette semaine, que les surplus parisiens n’avaient plus beaucoup de tenues couleur sable.

Et puis, évidemment, il n’aura échappé à personne que la France, usée, vieillie, presque ruinée, sans aucun appui militaire européen sérieux, poursuit au Mali son rêve colonial tout en défendant des intérêts économiques cachés. De même, chacun sait que François Hollande, ancien gouverneur du Texas, et que Jean-Yves Le Drian, membre bien connu de la NRA, sont des néoconservateurs enragés, avides de guerres salvatrices, de conflits rédempteurs, de domination impériale, qui considèrent John Milius comme un poète romantique.

En réalité, et de façon très inquiétante, on dirait que ces accusations, qui émanent dans leur écrasante du monde arabo-musulman, sont le reflet de tensions culturelles qui dépassent largement la seule sphère islamiste. Il y a quelques jours, un jeune progressiste égyptien, qui n’a pourtant pas démérité il y a deux ans contre les sbires du raïs déchu, expliquait ainsi avec le plus grand sérieux que la France menait une guerre coloniale raciste, fondée sur la haine de l’islam et du monde arabe. Comment un garçon censé être un militant progressiste, avide de progrès social et politique, peut-il imaginer un pays européen ourdissant une telle manœuvre politico-militaire ? N’y a-t-il pas là comme une étrange et inquiétante interprétation du monde, largement reprise avec plus ou moins de subtilité par certains médias arabes et, dans un terrible écho, par les jihadistes, de la Mauritanie au Pakistan ?

Et que penser des réactions africaines à ces réactions arabes ? Seule au front, la France enregistre depuis quelques jours des ralliements presque inespérés à son opération militaire (Mauritanie, certes, mais aussi Sénégal, Niger, Nigeria, Tchad, Togo, Bénin) et on sent poindre comme la montée d’une vaste tension entre le nord et le sud de l’Afrique. La crainte de heurts ethniques dans un Nord Mali reconquis est dans tous les esprits qui pensent plus loin que le prochain plateau sur TF1, et j’ai brièvement évoqué ici notre impréparation à ce scénario.

L’armée malienne, qui ne s’est guère battue ces derniers temps, est soupçonnée de vouloir se venger des populations des régions reprises afin d’effacer une authentique humiliation. Il serait bon, ici, de se souvenir de l’hostilité ancestrale entre « Blancs » et « Noirs » dans cette région. Cette semaine, un homme en apparence raisonnable m’a dit sur Twitter, avec un naturel et une sincérité terribles : « Les Maghrébins musulmans rêvent d’asservir les Africains animistes. » J’en suis resté sans voix, tant la perspective de violences intercommunautaires me pétrifie. Les incursions répétées de la Libye du colonel Kadhafi au Tchad, que quelques imbéciles regrettent ces jours-ci, reposaient sur cette vision raciste. Pour cette raison, l’arrivée de troupes tchadiennes, si elle devrait donner encore plus de mordant à l’offensive française, n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour la stabilisation de la région en raison des rancœurs qu’elle pourrait provoquer. Et que dire des renforts nigérians… Espérons que ça ne sentira bientôt pas le pneu brûlé.

Il ne s’agit pas, évidemment, de critiquer la valeur militaire de ces contingents, mais de prendre en considération l’impact de leur présence sur les populations du Maghreb, en particulier en Algérie ou en Libye. Les tensions qui ont présidé à la scission de fait du Mali sont présentes également au Niger, et jusqu’au Tchad, et il serait bon de ne pas oublier que la Mauritanie connaît, elle aussi, une ligne de fracture. Par quel miracle les horribles conflits ethniques qui ont déchiré l’Europe et déchirent l’Afrique des Grands lacs ne déchireraient-ils pas demain le Sahel, zone tampon entre monde arabe et monde noir, et ce pour les exactes mêmes raisons : frontières idiotes, inégalités sociales et économiques, différences religieuses, confiscation du pouvoir politique.

Bill, que veulent ces marginaux ?

Il est, dès lors, possible de lire différemment les actions des jihadistes, dont j’ai déjà dit ici qu’ils pourraient bien être parmi les causes – je n’ai pas dit les inspirateurs – des révoltes arabes. Incarnations d’un projet politico-religieux délirant et sanguinaire, les terroristes actifs dans la zone sont aussi le reflet, en s’associant à certains Touaregs, d’un panarabisme dévoyé qui explique l’hostilité quasi unanime que rencontre l’intervention française. Par « néocolonialisme », il faut donc entendre « domination occidentale sur le monde arabe », un ressenti ancien, et historiquement fondé, devenu dogme national en Algérie, et qui a présidé à la création en 1928 de la Confrérie de Frères musulmans, mouvement religieux mais aussi, profondément arabe. Les jihadistes ne sont donc pas seulement des musulmans radicaux, ils sont aussi les défenseurs autoproclamés d’une fierté arabe. Les progressistes se trouvent ainsi piégés, entraînés par panurgisme dans la condamnation d’une guerre qui vise des hommes qui les tueraient sans hésitation. Un paradoxe vertigineux, me semble-t-il, mais je suis un grand sensible.

Cette nouvelle crise régionale qui se profile, comme toutes les crises régionales de l’Histoire, ne saurait avoir une cause unique. Ceux qui voient dans l’intervention occidentale en Libye le point de départ de la crise malienne révèlent sans complexe l’étendue de leur ignorance, et de la Libye, et du Mali. De même ceux qui comparent la guerre au Mali à celle menée en Libye il y a deux ans se vautrent-ils dans la plus insensée médiocrité. Quant à ceux qui moquent la lutte de la France contre les jihadistes algériens alors qu’elle les soutiendrait en Syrie, ils ne font que relayer le prêt-à-penser aimablement fourni par Moscou et Téhéran sans avoir, manifestement, réfléchi ou cherché à comprendre. Cela dit, et comme on le disait il n’y a pas si longtemps dans les casernes, réfléchir c’est commencer à désobéir. Ne nous inquiétons pas, eux sont bien obéissants.

Dis donc, t'essaierais pas de nous faire porter le chapeau des fois ?  

La France est donc le coupable idéal, et son indécision, que j’ai rappelée, notamment, ici, n’exonère pas la principale puissance régionale, l’Algérie de ses propres errements. Les commentaires sur l’audacieuse et inédite attaque d’In Amenas m’ont ainsi littéralement fait hoqueter. Non, bon Dieu, non, l’Algérie n’est pas à son tour touchée par la crise malienne. C’est plutôt le Mali, et le Niger, et la Mauritanie, et le Tchad, et le Maroc, et la Tunisie, et la Libye qui sont tour à tour touchés par la crise algérienne. AQMI est un mouvement algérien, héritier du GIA puis du GSPC, ses cadres sont presque tous algériens, leurs ennemis sont le régime algérien et la France – une association remarquable, mais passons. La prise d’otages de masse du 16 janvier dernier est donc un tragique retour de bâton, une conséquence directe, même, de l’affligeant mélange de cynisme, d’incompétence, d’aveuglement et de calcul à court terme qui caractérise depuis des décennies les gouvernants de ce pays.

J’ai eu la chance de me rendre en Algérie à plusieurs reprises, à la fin des pires années de la guerre civile – et je veux d’ailleurs croire que mes collègues et moi avons joué un rôle dans l’éradication de certains groupes. A Alger, j’ai découvert une ville superbe, des citoyens attachants, qui aiment leurs enfants comme j’aime les miens, ni meilleurs ni pires, un pays qui semble magnifique – mais que je n’ai pas eu le droit de parcourir. J’ai, hélas, aussi pu contempler, lors de réunions stupéfiantes, les lourdeurs d’un système qui, à cette époque, accusait l’Iran d’être derrière le GIA (et pourquoi pas l’Islande, ou le Honduras ?), et occultait les causes économiques, sociales et politiques de la crise.

Quand un Algérien me dit, fier et peiné, que l’Algérie s’est tenue seule face aux barbares pendant près de dix ans, je le crois. Mieux, je sais qu’il a raison, car j’ai été un très modeste acteur de la misérable et craintive aide que nous lui accordions pour des raisons bien plus politiques que stratégiques ou morales. C’est donc avec consternation que j’ai vu l’Algérie s’isoler, aller d’initiatives sans lendemain en coups politiques sans moyen, refuser de prendre ses responsabilités alors que, comme je l’ai maintes fois dit et écrit, elle a tous les moyens et toute la légitimité pour agir, y compris le soutien de l’Union africaine. Où est donc passée la coalition de l'été 2009 ?

Si la crise malienne est l’échec de la France, incapable de stabiliser et de développer ses anciennes colonies sahéliennes, elle est donc aussi l’échec de l’Algérie, incapable de venir à bout d’une guérilla jihadiste qui tue toutes les semaines. Après avoir traîné des pieds, refusé l’évidence, rejeté par avance toute modification du statu quo – sans voir qu’il avait volé en éclats depuis des mois, Alger a été comme Paris surprise par l’offensive jihadiste du 7 janvier. Mais quand la France s’est jetée dans la bataille, l’Algérie a préféré observer un silence boudeur, laissant sa presse plus ou moins libre entonner les vieilles rengaines, et apprendre au peuple qu’elle n’avait eu d’autre choix que d’autoriser un survol de son territoire par les avions de son ennemi juré. Et pourtant, il y a des Su-24 à quelques centaines de kilomètres des combats maliens. Quand même, voyez où ça mène, le dogmatisme.

Comment, "comment" ?

L’opération Serval est donc un camouflet diplomatico-militaire majeur pour l’Algérie. ET comme si ça ne suffisait pas, l’attentat contre le site gazier d’In Amenas est encore plus grave, en exposant la vulnérabilité d’un pays dont on pensait, malgré toutes ses faiblesses, qu’il gérait et protégeait son unique richesse – puisque la jeunesse algérienne est abandonnée à son sort. Mise à l’écart par les révoltes arabes, sèchement marginalisée par le déclenchement de la guerre française au Mali, humiliée aux yeux du monde par une spectaculaire opération contre le plus cher de ses trésors, l’Algérie vacille, ou devrait vaciller. C’est tout un système dont on contemple le naufrage, entre persistance, depuis près de 25 ans, des maquis jihadistes, encerclement par les poussées révolutionnaires et les terroristes – qui ne sont pas les mêmes, désolé MM. Bonnet et Dénécé – et faillite socio-politique. La crise malienne, née de la crise algérienne, nourrie des crises arabes, est en passe de devenir une autre crise, régionale, majeure, faite de tensions ethniques et religieuses, de poussées irrédentistes incontrôlées, d’attentats majeurs, de guérillas sans frontière.

Dans cet immense et désertique foutoir, le terrorisme islamiste radical, comme toujours, n’est pas tant une menace stratégique que le révélateur de tensions plus profondes. Il n’en doit pas moins être combattu, pour ce qu’il est, pour ce qu’il représente, pour ce qu’il attaque. On en est droit d’espérer que la conduite de cette guerre sera supérieure à son anticipation, et on est droit de craindre que ça ne soit pas le cas. Restent, sur le terrain, nos hommes, courageux, à peine rentrés d’une autre guerre lointaine et incompréhensible, dont le premier est tombé il y a une semaine.

Je suis allé aux Invalides mardi dernier rendre hommage au chef de bataillon Boiteux, mort pour la France, et je sentais, plus nettement encore qu’au soir du 11 septembre, le sol s’ouvrir sous nos pieds. Guerre terrestre, guérilla, attentats au Mali, en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient, exécutions d’otages, tensions entre communautés… Les mois qui s’annoncent ne seront pas joyeux, et, pour la première fois depuis très très longtemps, la France est seule en première ligne. On a le devoir d’être fier, on le droit d’être inquiet.

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 11:05

Le propos de ce blog est habituellement plus axé sur les arts et quelques aspects techniques des sciences de l'ingénieur en relation avec la politique ou l'économie. Ecrire sur l'intervention au Mali me met quelque part mal à l'aise, mais bon, on ne se refait pas.

Nous sommes quasi seuls sur ce coup là et nous allons le rester au moins dans les affrontements, donc seuls. Parceque les seules armées à peu près au niveau en Afrique sont l'Afrique du Sud, l'Ethiopie (déjà fortement engagée en Somalie), le Tchad (qui va finir par participer) et peut être le Kenya (lui aussi occupé en Somalie). J'ai de gros doute sur la capacité de l'Armée Algérienne en dehors de quelques unités et peut être en va-t-il de même pour le Maroc. Je n'écris pas ce qui se dit (et s'est toujours dit) sur les armées d'Afrique centrale et équatoriale, cela pourrait paraître offensant, mais c'est une triste réalité (dont je ne cherche pas à trouver les raisons). Donc, pour caricaturer un peu, je pense (à tort ou à raison, l'avenir le dira) que nous allons nous battre de manière plus ou moins visible (à cause de l'opinion) et que d'autres vont occuper le terrain derrière.

Seuls aussi, car en Europe, il n'y a pas grand monde qui est resté entraîné sur ce type de terrain. Tant que cela ne se passe pas dans les montagnes, ni les Britanniques, ni les Etats-Uniens, ni les Canadiens n'ont l'expérience de la guerre de mouvement dans le désert. On peut noter que la grosse manoeuvre organisée il y a deux mois au Tchad ne l'avait pas été par hasard...

Donc que nous soyons seuls, finalement c'est assez normal. Et puis, nous ne voulons peut être pas tant que cela voir d'autres prendre de l'influence dans cette région ? Et puis c'est une bonne occasion pour l'Etat-Major de mettre en évidence certaines lacunes criantes (transport stratégique et satellites) devant le politique, en pleine élaboration de la loi de programmation avant le livre blanc (dans cet ordre et pas l'inverse, c'est la réalité et je l'écris intentionnellement).

Je pense donc à mes camarades qui vont (prudemment) avoir la chance (c'est le métier qu'on a choisi) de faire parler la poudre, sachant que normalement, pour attaquer il faut être autour de 3 contre 1 et que c'est encore loin d'être le cas. Pour le moment, au global, c'est plutôt un contre un.

Nous n'avions jamais eu autant de soldats engagés dans un combat depuis la permière guerre du Golfe. Je suis curieux de voir comment nous allons faire (si nous y parvenons) "payer" à nos partenaires européens cette activité militaire qu'ils ne veulent ou ne peuvent assumer mais dont ils ont besoin. C'est en tous cas une excellente opportunité d'en mettre certains au pied du mur.

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Published by Bertrand Ricque - dans Opinions
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