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Triste campagne électorale

Publié le par Bertrand Ricque

Pas très motivante en tous cas. Ma perception en est la suivante. Les électeurs ont une conscience plus ou moins précise et techniques des problèmes mais rejettent toute idée de réduction du train de vie sous quelque forme que ce soit.

 

Sur ce terreau, les deux candidats les plus crédibles (UMP/PS) jouent la coupe de l'America. Aucun ne peut dire ce qu'il pense qu'il faudrait faire et ni ce qu'il fera (il n'aurait aucune chance d'être élu en prenant l'opinion à rebrousse poil) et tire des bords au plus près. Le premier qui fait une erreur a perdu. Ils ne se différencient que par des détails et des attitudes.

 

Les deux seuls candidats en rupture (EELV/Front de gauche) présentent des objectifs mais aucun moyen pour y parvenir et n'insistent surtout pas sur les effets collatéraux (fini de tracter une caravane jusqu'en Espagne ou d'utiliser des canons à neige, sans parler d'acheter des bananes transportées dans des bateaux frigorifiques...).

 

Au milieu un candidat séduisant et plus direct mais guère plus disert sur les moyens correspondant à ses objectifs avec de plus quelques proximités inquiétantes avec des groupuscules catholiques talibanisés.

 

De mon point de vue, il manque 140 milliards d'euro par an dont 70 de remboursement des 1600 milliards de dette, 50 des intérêts et 20 de déficit primaire. A moins de dépenser 140 milliards de moins ou d'en gagner autant de plus (ou une combinaison des deux), il faut donc continuer à emprunter. Aucun candidat ne montre de manière claire comment il va faire évoluer ces 140 miliiards côté dépenses et recettes, côté nouveuax emprunts ou pas ni à quel rythme. On ne voit même pas comment équilibrer les 20 milliards de déficit primiaire, ce qui serait quand même le minimum.

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B

Il ne te vient pas à l'idée que le vrai besoin est celui d'un changement radical :


Mettre tous les néo libéraux hors d'état de nuire, et en finir avec le régime d'oligarchie dans lequel nous sommes ?


Réduire tout ça  à une défense des avantages acquis est pitoyable.


La vraie énigme est qu'une vaste majorité de gens n'en peuvent plus... et que rien ne se passe.
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A


Ben oui. Deux avec des moyens sans autre objectif que le pouvoir. Deux avec des objectifs mais sans moyens. Un avec pas assez d'objectifs et pas assez de moyens. La défense des avantages acquis
que l'on constate partout provient probablement d'une culture de "l'acquit" qui n'a pas assez valorisé la culture du "gagner" (au sens de conquérir, mériter, obtenir pas au sens du trader). Quand
je compare l'état d'esprit ici avec celui de Malaisie ou d'Inde, je vois que les gens on peur de perdre et n'ont pas appris à espérer et à construire. Ils le savent probablement inconsciemment et
ont peur de devoir partager avec des gens beaucoup plus dynamiques et motivés car ils ont tout à gagner. Je pense quand même que nos jeunes ont un peu plus la pêche et la bougeotte. Heureusement.


Je ne crois pas trop au choc dans un microcosme isolé en raison des engagements réciproques avec notre environnement. Mais je crois en revanche que les systèmes sont techniques et peuvent être
techniquement réformés pourvu qu'il y ait la volonté. Passe le carburant à 5 euro tout de suite au lieu d'attendre que cela se fasse tout seul et tu verras, la société s'adaptera.



L

Et si l'emprunt se faisait auprès de la banque centrale - sans intérête ? Comme ça devrait être au lieu de payer des intérêts à des banques privées qui sont plus riches que les états ?
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B


Ben il resterait le principal et le déficit primaire et puis çà ne marcherait que pour les emprunts futurs. Il faut quand même rembourser les 1600 milliards déjà empruntés. Donc, si on ne fait
rien de spécial, on remplace chaque année les 140 milliards manquants par 140 milliards à 0% le temps d'écluser les 1600 milliards (en 2044). D'ici là, on aura remplacé nos 1600 milliards auprès
du privé par 4480 milliards auprès de la BCE. Je ne suis pas persuadé que çà la fasse...