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Religions et mysticisme, transcendance et bien-être.

Publié le par Bertrand Ricque

A l’exception des grands mystiques comme Jean de la Croix, Thérèse d’Avila, Hafez et Saadi, qui sont également de grands intellectuels, j’ai toujours eu une vision extrêmement suspicieuse des « saints ».

 

Pour moi, la recherche de soi passe par des expériences transcendantes. La transe par exemple, qui est un phénomène maintenant clairement expliqué par la neurobiologie, n’est pas un phénomène transcendant. En revanche, ce que la transe me permet de découvrir de moi et de mon interaction avec l’univers est bien lui de l’ordre du transcendant. Il ne faut pas confondre le moyen de l'expérience et son résultat.

 

Cette recherche ne doit à mon avis jamais s’effectuer au détriment de son bien-être dans sa vie privée. Elle doit s’effectuer de manière cyclique sur la base et en parallèle des progrès de son analyse.

 

La psychologie transpersonnelle permet d’unifier notre corps, notre mental et ce qui nous dépasse (notre spiritualité). La mise en contact avec ce qui nous dépasse doit à mon sens rester maîtrisée par deux vertus issues des philosophies chrétiennes et musulmanes : l’humilité et le pardon.

 

Il n’est pas possible de toucher physiquement (comme dans les approches bouddhistes et hindouistes) à ce qui nous dépasse si nous ne sommes pas en paix. Il n’est pas possible d’être en paix sans avoir pardonné, à soi-même et aux autres.

 

Et enfin, le manque d’humilité est ce qui nous fait, d’une part prendre des vessies pour des lanternes, et d’autre part ce qui nous empêche de gouter au bonheur.

 

Prendre des vessies pour des lanternes, c’est croire, comme Thérèse de Lisieux, que l’on touche au divin, alors que l’on ne fait que relever de la psychanalyse, et que l’on ne fait que transformer ses névroses pour ne pas résoudre ses problèmes. Cela relève de la contrefaçon intellectuelle et spirituelle et peut carrément tourner au pas ragoutant quand le corps est meurtri au passage et n'est pas respecté.

 

Ne pas gouter au bonheur, c’est avoir un problème de gestion des objectifs. Toucher au sublime pour rester malheureux n’a aucun intérêt. Etre rempli d’amour sans pouvoir le vivre n’a aucun intérêt. Faire le bonheur des autres et pas le sien reste pour moi un échec. Et relève pour moi d’une zone d'ombre dans son analyse (qui ne sera de toute façon jamais ni aboutie, ni parfaite). Il s’agit donc dans ce cas de refaire un cycle : analyse, pardon, paix, sensation. Non pas pour se rapprocher plus de la perfection, mais pour mieux vivre dans et avec l’imperfection du monde et des autres, et parmi ces derniers, de celui qui est ou sera notre ou nos partenaires. Car nos partenaires peuvent et doivent être multiples, parfois même simultanément, et seront toujours, au mieux, aussi imparfaits que nous, et pire que tout, ne seront pas imparfaits comme nous, aux mêmes endroits. C'est à mon sens ce que nous pouvons faire de mieux pour être en paix et en résonnance avec le monde.

 

Encore une fois, ce n’est pas parce que dieu n’existe pas que les religions n’ont rien à nous dire, surtout si elles si mettent ensemble.

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B


Le bonheur, c'est simple comme un coup de fil;


france telecom.



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B


Si c'est le coup de fil pour réserver un créneau chez vous, alors tu as certainement raison.



L


A quoi sert la sainteté sinon à se faire du mal ?


 



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B


La mortifère tradition des 3 religions du livres et sutout de la chrétienne est de valoriser la souffrance. J'en ai déjà traité dans un post plus ancien (la religion comme béquille métaphysique).
C'est dégoûtant au sens propre du terme. Les approches spirituelles orientales passent parfois par l'ascèse et souvent par le renoncement mais pas dans la souffrance. La religion chrétienne
rejette le corps et n'hésite pas à le meurtrir. C'est inhumain au sens propre du terme là aussi.