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Poursuite sur la notion de travail

Publié le par Bertrand Ricque

Un article (Niveau de vie ) commençant à générer des commentaires étoffés, je le poursuis en tête des articles plutôt qu'en commentaires.

 

Oui, je pense qu'il existe une conception de l'humain radicalement différente entre Nietzsche et Marx. Je crains que Marx n'aie pas pris en compte la dimension psychologique individuelle de chacun, en se concentrant sur les aspects systémiques des sociétés et en refoulant la part d'égoïsme qui est en chacun de nous.

 

Ceci amène les marxistes à vouloir "réformer" l'humain plutôt que de le prendre tel qu'il est, et de lui donner un corpus de valeurs lui permettant de construire lui-même ses limites. Je pense que ces deux conceptions de l'homme restent irrémédiablement opposées en France depuis trop longtemps, et que peu a été fait pour réfléchir là-dessus et dépasser cette opposition de vues. Ceci a généré un grand immobilisme intellectuel et social dont nous récoltons les résultats aujourd'hui (enfin, on ne devrait pas tarder).

 

Et ce d'autant plus que d'autres visions de l'homme (dont notablement la chinoise) émergent à grande vitesse face à nous, sans que nous soyons en mesure de les discuter intellectuellement; empêtrés que nous-sommes dans nos débats néo 19ème siècle.

 

L'homme économique (honni quand il est gagnant, victime quand il est perdant) n'est qu'un homme ordinaire à qui nous, électeurs, avons laissé le champ libre, par paresse intellectuelle, complaisance avec nos mythes (c'est si pratique d'avoir un gros vilain à opposer à une certaine vision de l'homme) et lâcheté face à la nécessité de l'effort à consentir pour atteindre l'autonomie de l'individu.

 

Il est temps de comprendre que l'économie est au service de l'homme et pas l'inverse; certes. Mais surtout pas en se berçant du doux rêve que nous sommes égaux à la naissance en quelques autres choses que en droits...

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SCHMITT 03/05/2012 22:34


Nietzsche a défini plusieurs types d'homme. Il me semble nécessaire, donc, de préciser que je ne parle ici que du sur-homme, non pas naturellement, tel que le nazisme l'a entendu, mais tel que le
philosophe l'a pensé: comme individu capable de se dominer et de se dépasser et qui exerce donc le pouvoir avant tout sur lui-même et non pas au sens de domination de l'autre, comme on le prête
trop souvent à Nietzsche. On est dans l'individualité de l'Homme, ce qui renvoie à la responsabilité de chacun pour s'élever lui-même.


En ce sens, il me semble qu'un rapprochement, probablement beaucoup trop audacieux, pourrait peut-être être fait avec le libéralisme, au sens philosophique et premier du terme: rendre ou donner à
l'homme sa liberté- et donc le constituer comme individu- contre le sujet d'un roi de droit divin. Or poser le discours en ces termes renvoie
nécessairement à la rationnalité de l'homme, apte à des choix qu'il doit assumer. Poser l'irrationnalité de l'Homme revient à poser l'irresponsabilité de ses actes, l'incapacité même de penser
ses actes et donc l'obligation de le diriger: et alors de le priver de sa liberté, le privant du même coup de sa capacité à devenir sur-homme.


La rationnalité, fut-elle limitée, renvoie à la liberté. Cette rationnalité peut alors être posée sur un calcul économique coût/avantage: je dois m'élever au sens nietzschéen, car l'avantage à me
penser et devenir un sur-homme est supérieur à son coût.


Mais d'où vient cette capacité à penser ses actes et à les assumer? Est-elle un innée ou un acquis: si elle est innée, procède -t-elle du Don (donner par qui? par quel dieu coléreux et jaloux,
créateur de l'Homme à son image?). Si elle est acquise, alors l'homme est nécessairement social et la volonté marxiste de le réformer (je reprends ici les termes de Bertrand pour nuancer après
cette vision) ne peut qu'être louée puisqu'elle va conduire l'homme à être acteur de sa liberté: le corpus de valeurs est donné par l'éducation et donc le social, ce qui conduira chaque homme à
oeuvrer au mieux de tous. Ce qui peut aussi se penser en coût/avantage: l'avantage social que je retire individuellement de mon oeuvre au bénéfice de tous est supérieur à son coût. Et le
même calcul peut aussi s'appliquer à l'héroïsme ou à la "simple" rectitude morale ou à la prise de conscience de sa faiblesse: l'avantage de me regarder le matin sans honte dans une glace-et
d'être regardé ainsi par les autres-est supérieur au mépris de moi-même (coût élevé) etc, etc.


Ce qui reviendrait donc à donner un avantage au marxisme qui permet d'être un sur-homme nietzschéen, tout en étant un homme social.


Sauf que, et là se trouve un point de contradiction de ma pensée avec celle de Bertrand, point qu'il me semble important de discuter: Marx n'a pas réellement penser la réformation (le mot est à
dessein) de l'homme: fondamentalement, l'homme marxiste est bon: seules les conditions économiques qui le maintiennent dans un état d'avilissement: le lumpen prolétariat) sont à changer (par la
révolution pour accélérer le mouvement obligatoire du matérialisme historique): et du seul changement des conditions économiques: abolition des
classes sociales, ce qui chez MArx ne définit que l'égalité des Droits, naîtra l'homme nouveau oeuvrant pour les autres et donc pour lui.


Or il me semble qu'un élément fondamental de l'éducation est de permettre de penser et de constituer l'individu, au sens premier et philosophique des libéraux, mais nécessairement en société, et
nous entraîne sur le doit et quels droits?


Ce qui ouvre, ou transfère alors le débat sur penser l'individualisme humaniste ou particulariste...


Amicalement et avec mes excuses pour ce trop long commentaire


 

Bertrand Ricque 04/05/2012 01:55



Je ne suis pas certain que l'irrationalité mène à l'irresponsabilité. L'homme est à mon sens profondément irrationnel du fait de son histoire et de sa structure psychnanalitique. Sa grandeur est
de rester pour autant responsable de ses actes aussi irrationnels soient-ils (tant qu'il ne bascule pas néanmois dans la folie, ausssi discutable que soit la notion). L'acceptation de cette
irrationalité intrinsèque m'amène non pas à le diriger mais le borner (par la loi) et à le cadrer (par la morale ou de préfréence la philosophie, l'éducation et la culture) en lui laissant la
liberté de rester ou pas dans le système. C'est peut être une capacité de surhomme pour accepter l'exil ou accepter le joug de la pensée de masse.


Pour le reste, je te suis dans les grandes lignes ; Le débat entre l'inné est l'acquis étant de mon point de vue complexifié par le fait que les deux aspects portent des parts équivalentes
(plus ou moins se lon les individus) de rationnel et d'irrationnel pouvant agir comme un amplificateur ou un atténuateur de l'acquis et réciproquement.


Par ailleurs, je ne sais pas si Marx aurait accepté que le sur-homme nietzschéen existe, car tout social qu'il soit, il auarit fait valoir ses différences dont Marx ne semble pas trop savoir quoi
faire.


 



lizagrèce 30/04/2012 18:28


Tu démarres fort pour une rentrée !


Ceci étant oui Marx n'avait pris que l'aspect social de l'individu je ne pense pas qu'il pensait à le psychanalyser .


http://maisondeliza.over-blog.fr

Gilles Benichou 30/04/2012 17:57


Le travail c'est la santé, rien faire c'est la conserver...