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Fukushima

Publié le par Bertrand Ricque

Voici une analyse de l'accident faite par un ingénieur allemand d'AREVA :

 

FukushimaDaiichiAREVA FukushimaDaiichiAREVA

 

Que peut-on en déduire ou conclure, sans être pour autant un spécialiste de ce type de réacteur ? 

  1. Il s'agit de réacteurs BWR qui, de par leur conception induisent un certain  nombre de problèmes potentiels, différents de ceux des réacteurs PWR (confinement sec/confinement humide par exemple).
  2. Ce sont de "petites" tranches (439 à 760 MW), à comparer aux paliers 900 et 1300 français.
  3. Ce sont des récteurs sérieusement anciens et il n'est pas étonnant que GE ait préconisé leur arrêt depuis une dizaine d'années.
  4. La tranche 4 était déjà à l'arrêt avec l'intégralité du coeur dans la piscine. Je n'ai entendu aucun média le préciser.
  5. Lors du tremblement de terre, les systèmes de sécurité se sont déclenchés normalement pour arrêter les tranches 1 à 3. Il faut 1 à 5 jours pour de cette séquence d'arrêt pour que le coeur produise moins de 1% de son énergie nominale.
  6. Le tremblement de terre n'a pas eu d'impact sur les réacteurs. Peut être un impact non confirmé sur la piscine de la tranche 4.
  7. Les générateurs de secours ont démarré normalement.
  8. Le tsunami est arrivé 55 minutes plus tard et a tout noyé. Il est clair que l'analyse de risque est défaillante. Lezs protections étaient pour une vague de 6,5 m. Il y a eu au moins un tsunami de 22 m dans les 1500 ans passés.
  9. Les systèmes de secours passifs (turbo-pompes) ont correctement fonctionné. Mais sans moyen d'extraire l'énergie des bâtiments, une fois la température homogénéisée, ils ne servcent plus à rien. Ils ont tenu :
    1. Moins d'1 heure pour la tranche 1 (perte des batteries)
    2. 3 jours pour la tranche 2 jusqu'à une panne de la turbo-pompe
    3. 2 jours pour la tranche 3 (perte des batteries)
  10. Les coeurs des 3 tranches ont pu être réalimentés en eau mais ont commencé à fondre :
    1. Tranche 1 : 27h sans refroidissement
    2. Tranche 2 : 7h sans refroidissement
    3. Tranche 3 : 7h sans refroidissement
  11. Les ingénieurs et techniciens japonais ont plutôt bien géré la situation, sur le plan technique s'entend. Par exemple ils ont pris la décision de dépressuriser le réacteur dans le confinement primaire plutôt de que risquer une explosion. Il est moins dangereux d'émettre des aérosols radioactifs, plutôt que des poussières radioactives (donc pas de "retombées" radioactives).
  12. L'inconvénient de cette décision est la perte de l'inertage de l'enceinte et donc le risque d'explosion de l'hydrogène produit par le coeur. Ce qui a fini par arriver sur les tranches 1 et 3.
  13. Ce que les médias n'ont pas précisé, c'est que c'est le toit du bâtiment, à l'extérieur de l'enceinte, qui a été soufflé, et que les deux enceintes de confinement n'ont pas été touchées. Car l'hydrogène a brûlé à l'extérieur.
  14. En revanche sur la tranche 2, c'est la première enceinte de confinement qui a été endommagée, car là, l'hydrogène a brûlé à l'intérieur. Toutefois, la seconde enceinte n'a pas été endommagée.
  15. La radioactivité à l'extérieur du site a atteint un pic de 12 mSv/h et de 400 mSv/h à l'intérieur.
  16. On ne sait pas encore dire si le coeur du réacteur 4 a émis des produits de fission dan sl'atmosphère ou pas.
  17. Ce n'était pourtant pas bien compliqué à expliquer à n'importe qui avec quelques schémas en se donnant un peu la peine de chercher à comprendre. L'incapacité des médias dans ce domaine est ahurissante. A quoi cela peut-il bien tenir ? Les journalistes ne sont pas plus idiots que la moyenne.

Concernant l'irradiation, fournir des chiffres sans éléments de comparaison ne mène à rien. Je rappelle donc quelques éléments :

  • Irradiation naturelle moyenne : 2 à 2,5 mSv par an (sauf en Bretagne, où c'est bien pire que dans n'importe quelle centrale nucléaire en état de marche)
  • L'exposition médicale moyenne (radios, etc..) est autour de 0,75 mSv par an en France
  • En France la législation prévoit que les limites d'exposition (en plus des expositions naturelle et médicale ci-dessus) sont de 1mSv par an pour le public et de 20mSv par an pour les travailleurs. Par exemple, le personnel des transports aériens accumule 11mSv par an en moyenne (en raison de l'altitude).
  • Avec les courbes du powerpoint, vous pouvez parfaitement évaluer la dose reçue par la population en fonction de sa position.
  • Avec cela, on a une idée de l'irradiation normale, et de l'irradiation légale (qui est en dessous de la normale) et soulevé certains paradoxes. Personne ne vous empèche de vous faire faire des dizaines de radios dan sl'année, il n'y a aucun contrôle de cumul de dose reçue, et vous pouvez exploser les compteurs de dosimétrie en toute quiétude.
  • Maintenant comparons cela à d'autres données :
    • Chimiothérapie : 130 mSv
    • Hiroshima (dans un rayon de 10 km) : 1200 mSv
    • Tchernobyl : 1450 mSv à proximité
    • 1% de chances de plus d'un cancer : 1200 mSv
    • 50% de léthalité : 5000 mSv
    • 100% de léthalité : 10000 mSv

Bon avec çà, chacun peut se faire une idée. Cà n'a rien avoir avec être pour ou contre. L'incapacité des médias à exposer ce genre de chose me laisse pantois. Si ce n'est pas de l'incapacité, mais une volonté délibérée, alors là, je ne comprends pas.

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benichou 09/04/2011 08:13



Pour ce qui concerne les médias, ils n'en parlent - pratiquement- plus, ils sont passés à autre chose!



lizagrèce 08/04/2011 23:01



Pourquoi il est radio-actif l'empereur ?



lizagrèce 08/04/2011 21:15



J'ai l'impression qu'il y a des sujets tabous ...


Par contre, pourrais-tu en dire davantage sur les tonnes d'eau contaminée qui ont été déversées dans l'océan Pacifique ? Parce que là noon plus personne ne s'étend sur le sujet



Bertrand Ricque 08/04/2011 22:33



L'eau est elle certainement beaucoup plus chargée en produits de fission que les aérosols qui ont été dépressurisés. Il faudrait disposer des mesures. Ensuite, quelques tonnes dans l'océan, cela
reste une goutte d'eau. Il faut s'intéresesr aux courants pour savoir si cette eau va aller se diluer au large ou peut revenir vers les côtes, à quel niveau de dilution ? Certainement très élevé,
mais tout cela devrait être mesuré pour être confirmé. A mon avis c'est la fin de Japon féodal qui commence avec ses aberrations (50 Hz dans une moitié du pays et 60 Hz dans l'autre, trop de
courant à Osaka, pas asez à Tokyo). Ils ont vraiment de mauvais dirigeants et une mauvaise administration. Moi, j'attribue cela au fait que les américains n'ont pas "cassé" la culture impériale
en 1945. Ils auraient dû débarquer l'empereur, çà aurait secoué le cocotier.