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La religion comme béquille ?

Publié le par Bertrand Ricque

Je reproduis ici des extraits d’une tribune de Patrick Declerck parue je crois dans "Le Monde". J’en ai enlevé les éléments purement rhétoriques pour n'en conserver les idées qui me semblaient assez bien correspondre à ma pensée sur le sujet.

« Ce que je sais, en revanche, c’est qu’après Nietzsche et Freud il est difficile à un lettré de considérer autrement le fait religieux que comme une béquille métaphysique à l’usage des esprits épuisés que l’inéluctabilité de la mort et l’horreur de la corruption des corps effraient au-delà de ce que leur faiblesse peut supporter.

Cette terreur les conduit alors à se bricoler des arrières-mondes consolateurs des misères d’ici-bas, un ici-bas dévalué au profit de promesses eschatologiques de rédemption post-mortem. Monnaie de singe avec laquelle les prêtres et la divinité récompensent les comportements dits « moraux », dont la toxicité et la folie se déclinent du simple jeûne à l’auto immolation, en passant par les mutilations sexuelles. Les religions, toutes les religions, sont ainsi des délires de l’humanité et, comme le démontrent ad nauseam l’histoire et l’actualité, des délires dangereux.

Non seulement on ne voit pas en quoi il serait « responsable » de taire une telle position critique, mais il apparaît au contraire que le devoir le plus élémentaire est de lutter contre ces entreprises d’essence mortifère que sont les religions. Non seulement il ne leur est dû aucun respect intellectuel au-delà du cadre légal de l’exercice de la liberté de culte, mais encore convient-il de les combattre philosophiquement en en dénonçant, chaque fois que faire se peut, l’imbécillité, la fausseté, la dangerosité, l’escroquerie, et le grotesque profond. Le blasphème, à propos duquel il faut d’ailleurs rappeler la notion logique et théologique élémentaire qu’il ne concerne stricto sensu que le croyant lui-même, le blasphème est, plus que jamais,  non seulement excusable mais nécessaire. Il doit être clairement et hautement revendiqué comme droit.

Par ailleurs, si le fait religieux peut en toute légitimité être objet d’anthropologie, de sociologie ou d’histoire, « la science » [...] confrontée à la réalité objective des contenus de croyances telles, par exemple, la résurrection d’un crucifié, l’exigence de l’ablation du prépuce comme signe de reconnaissance divine ou l’efficacité de la lapidation de Satan à La Mecque, « la science » n’a pas fini de rigoler… »

 

 

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