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Avenir décroissant

Publié le par Bertrand Ricque

Le désespoir ambiant me semble être basé sur une double erreur. La première est de croire que demain devrait, et donc pourrait, être plus riche qu'hier. Les hommes politiques sont sanctionnés parce qu'ils ne réalisent pas une politique faisant "revenir" la croissance. La seconde est de croire que la résorption des inégalités sociales pourrait résoudre les problèmes actuels.

La première erreur est du premier ordre et la seconde est du second ordre. Ceci mathématiquement évidemment, pas moralement.

Les richesses sont produites par la consommation et la transformation de ressources à l'aide d'énergie. Toutes les richesses produites par les services ne sont que des sous-produits de celles produites par la transformation des ressources, ou sont purement virtuelles tant qu'elles ne sont pas converties en objets ayant une valeur d'usage. Les ressources baissent, la richesse baisse. La population augmente, la richesse par personne baisse d'autant plus.

Résorber les inégalités n'y changerait rien, dès le lendemain, tous les revenus égaux commenceraient inéluctablement à baisser. Ceci dit, ce n'est pas une raison pour ne pas s'y attaquer.

Donc ceux qui font croire aux électeurs que la croissance pourrait revenir, qu'elle pourrait être autre (verte par exemple), sont des criminels qui poussent ceux qui les écoutent à la déception et à vouloir se révolter ... pour rien.

Et ce qui me révolte, c'est que ce déni du constat empêche de réfléchir l'avenir autrement : maintenir plutôt que fabriquer, se concentrer sur les infrastructures, envisager la vie avec des revenus qui baissent (en heures de travail pour obtenir certaines choses) mais avec moins de frustrations.

Ceci pouvant mener à l'interrogation suivante : les ressources étant finies et la croissance passant (étant passée ?) par un maximum, le progrès social (dont la réduction des inégalités n'est qu'une composante de second ordre - mathématique) peut-il être éternel ou passe-t-il (est-il passé ?) par un maximum.

Si c'est le cas, il ne nous reste plus qu'à réduire les inégalités et apprendre à nous contenter de ce qui reste. Sachant que nous avons plusieurs trains d'avance sur la majeure partie de l'humanité... La question ne tarderait pas ensuite (déjà?) à se poser alors entre nous et les autres. En effet, si l'on réduit le progrès social à plus de santé, plus d'éducation et moins de travail ( ou plus de richesse pour autant de travail, ce qui revient au même), comme on l'entend dans les manifestations, l'équation n'est pas soluble sans transformer plus de ressources.

On dirait bien que le club de Rome avait vu juste. Ça risque d'être chaud pour nos enfants et l'industrie de défense devrait continue à rester stratégique...

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