Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Couplages

Publié le par Bertrand Ricque

Si l'on part du principe que la production est couplée avec la consommation de ressources (on ne peut pas produire plus sans consommer plus de ressources), que le PIB est couplé avec la production (on ne peut pas augmenter le PIB en diminuant la production), que les dépenses publiques (santé, éducation, sécurité, justice, routes, etc...) sont couplées avec le PIB, si l'on ajoute que les ressources sont limitées et que la population va être multipliée par (au moins) 1,5, et que le rattrapage d'écart de niveau de vie (entre les plus pauvres nécessite une augmentation du PIB mondial d'au moins un facteur 2, qui croit qu'on va y arriver ?

Les "aspirations des masses", aujourd'hui basées sur les réalités des riches (merci Desproges) ne sont tout simplement pas réalisables. Pour être réalisables, il faudrait qu'elles changent et ça ce n'est ni une approche de gauche (aligner les pauvres sur les riches, réduire les inégalités, travailler moins en ayant autant, etc...), ni une approche de droite (produire et vendre plus), ni une approche d'extrême gauche (produire pour tout le monde en interdisant aux riches d'être riches), ni une approche EELV (croissance verte et économie circulaire).

La réalité c'est qu'il faudra se trouver heureux avec moins (par rapport à aujourd'hui) en travaillant plus.

Commenter cet article

SCHMITT 28/12/2015 16:02

Les termes sont mal posés: par définition, l'augmentation du PIB implique l'augmentation de la production, ce qui s'appelle la croissance. Pour la première partie de l'assertion, le problème est qu'implicitement du suppose une augmentation proportionnelle ou plus que proportionnelle. Or on peut aussi sous l'effet du progrès technique avoir une augmentation de la production qui résulte d'une augmentation moins que proportionnelle de l'utilisation des ressources (meilleure utilisation des ressources, car on peut en extraire plus d'éléments, allocation optimale des facteurs de production: autrement dit phase des rendements croissants: c'est là que se situe l'enjeu

Bertrand Ricque 29/12/2015 00:33

Au premier ordre, je parle de couplage. Il s'agit bien de couplage relatif. On ne sait pas faire de découplage absolu, c'est à dire de faire évoluer les variables en sens inverse. Pour ce qui concerne l'élasticité du couplage relatif, l'amélioration de l'efficacité de la consommation de ressources dans le PIB est du même ordre que celle de l'énergie. C'est à dire de l'ordre de 1 % par an. Ce qui fait sur 25 ans un facteur 1,25 (1,57 avec 2%). Et le jour ou le pic d'une ressource est atteint ... 1 - on ne sait pas extraire (même à réserves infinies) les ressources nécessaires. 2 - les stocks correspondants n'existent pas. On peut poser le calcul dans le sens inverse, sur la base par exemple de la consommation de ressources existantes (qui n'est pas soutenable). Il faudrait des "rendements" entre 2 et 3,33 fois ce que nous faisons actuellement. Cela n'existe pas, tout simplement. On ne sait pas faire des smartphones, des ordinateurs, des avions, des centrales électriques, avec 2 à 3 fois moins de ressources naturelles !