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Daech et l'islam

Publié le par Bertrand Ricque

Je rejoins assez le contenu de cet article. Disons que n'étant pas plus spécialiste que cela, cet article rejoint mon opinion que notre société sécularisé n'a pas (plus) les clés culturelles pour comprendre les ressorts d'un société profondément religieuse.

En effet, contrairement à ce que l'on entend la plupart du temps, je pense Daech est profondément cohérent avec le texte fondateur de l'islam. Que ce texte soit devenu "hors du temps" est une autre histoire. Vouloir nier son contenu, et surtout vouloir obliger les musulmans à en renier une partie, en raison de l'évolution du monde, est absurde, inutile et même contre-productif.

Les évolutions du corpus doctrinal chrétien ne sont pas exemptes d'analogies. Qui dirait aujourd'hui que les protestants ou les orthodoxes ne sont pas chrétiens. Dire que Daech n'est pas dans l'islam revient à dire que la Fraternité Saint Pie X n'est pas catholique. Son opposition à Vatican II, les excommunications prononcées (mais levées depuis) sont en relation avec l'aspect schismatique de la démarche de la fraternité. Mais elle reste chrétienne.

Il en va de même pour Daech. Projeter sur Daech un projet politique, c'est projeter notre vision et notre vocabulaire. Son projet est prophétique et messianique.

C'est donc bien aux musulmans de régler le problème. Et c'est là que les grands penseurs musulmans ont toute leur importance. Je pense en particulier, pour ce qui nous concerne, à Abdennour Bidar. Seuls les musulmans peuvent se construire une évolution de leur corpus doctrinal qui soit pleinement compatible avec le monde moderne. Sinon, ils sont probablement foutus.

En tant qu'athée, je ne vois pas comment je pourrais dire qui est un "bon" ou un "mauvais" musulman. Le fait que les imams les plus visibles (comme celui de Bordeaux par exemple, ou celui de Drancy) soient dans une analyse analogue au schisme me semble inquiétant. Cela semble dénoter une incapacité à s'attaquer au problème, contrairement à d'autres intellectuels et écrivains. Je pense en particulier à Adonis, à Amin Maalouf et à Tahar Ben Jelloun, pour ce qui concerne les francophones.

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